Le contexte épidémique actuel aura eu, parmi ses nombreux effets collatéraux, celui de mettre au centre des réflexions la question de l’enseignement à distance ou e-learning. Cet enseignement à distance n’est pas vraiment nouveau. On connaît “the school of the air” qui dès les années 30, en Australie, permettait à des enfants vivant dans des fermes isolées, de suivre une scolarité par l’intermédiaire de la radio. En France, la télévision scolaire a pris son essor en 1962, lorsque Henri Dieuzeide prend la direction de la Radio Télévision Scolaire (RTS).  Avec le développement du numérique, le e-learning permet de mettre en place des modalités nouvelles d’interaction au service de l’apprentissage. Les Massive Online Open Courses (MOOCs) sont une forme de e-learning qui rencontrent un grand succès au début des années 2010. Ils permettent un enseignement à distance qui peut concerner plusieurs milliers d’étudiants simultanément.

The School of the Air (crédits https://lt.umn.edu/)

Les fermetures des écoles et des universités pour stopper la propagation du coronavirus conduisent les enseignants à s’interroger sur la manière d’assurer une continuité éducative avec leurs élèves ou leurs étudiants et donc à mettre en place un enseignement de type e-learning. L’exercice est difficile. Il s’agit en effet de problématiser la distance. Comment concevoir cet enseignement à distance ? Quelles interactions mettre en place pour rendre les apprentissages possibles et quels outils utiliser pour médiatiser ces interactions ? Que devient la relation pédagogique lorsque les interactions présentielles sont empêchées ? Le e-learning est souvent décrit du point de vue d’un déficit par rapport aux interactions présentielles mais quelles opportunités offre-t-il ? Comment les institutions peuvent-elles relever ce défi ? Par ailleurs comment prendre en compte les questions relatives à la propriété intellectuelle des cours produits et quels sont les points de vigilance  à considérer d’un point de vue éthique ?

Chacun aura commencé à  élaborer ses propres réponses à ces questions et les réseaux sociaux permettent aujourd’hui une large diffusion des idées. Ainsi il se dit beaucoup de choses sur le e-learning et de nombreux mythes circulent. Ces mythes prennent parfois la forme d’infox qu’il est nécessaire de déconstruire. C’est ce que nous nous proposons de faire en sollicitant 12 experts pour qu’ils nous donnent leur point de vue de chercheurs sous forme de textes courts destinés à un public de non spécialistes. Nous leur avons également demandé des exemples de mise en oeuvre, tant à l’école secondaire qu’en enseignement supérieur, ainsi que des pistes de lecture. Nous les remercions vivement d’avoir accepté ce défi et nous publions sur ce site des textes qui reviennent sur ces infox en espérant qu’ils aideront à réinventer l’enseignement au temps du coronavirus.

Contributions

Toutes les infox

Infox#1 : Le e-learning, la formation à distance, ne conviennent qu’à un type d’étudiant en particulier
France Henri, Université TÉLUQ

Infox#2 : Si mes cours sont en ligne, on va me piquer mes idées pour les commercialiser
Samuel Nowakowski, Université de Lorraine

INFOX#3 : Une classe virtuelle est une classe sans âme
Christelle Lison, Université de Sherbrooke

INFOX#4 : Avec le e-learning on peut effectuer un contrôle très précis sur les apprentissages
Par Matthieu Cisel, Institut des Humanités Numériques. CY University