La TACD (Théorie de l’Action Conjointe en Didactique) est un cadre théorique basé sur la métaphore du jeu, qui permet d’analyser les transactions (dont les savoirs sont l’objet) entre élèves et enseignants dans la classe (Sensevy, 2011). Du 25 au 27 juin 2019 s’est déroulé le 1er congrès international sur la Théorie de l’Action Conjointe en Didactique à l’ESPE de Rennes. Le LIP s’est alors déplacé en Bretagne pour l’occasion !

La thématique des ingénieries didactiques coopératives a été au coeur des discussions durant le congrès. Si, dans le cadre de notre laboratoire, nous travaillons sur et avec les « recherches orientées par la conception » (ROC) (Sanchez & Monod-Ansaldi, 2015), d’autres types de recherches collaboratives sont issues du courant des Design-based research, notamment les ingénieries didactiques coopératives (IDC). Ces ingénieries visent la conception de séquences d’enseignement sur la base des modèles didactiques. De nombreuses recherches présentées durant le congrès reposaient sur l’IDC, cette méthodologie de recherche qui semble encore peu formalisée bien qu’elle suscite grandement l’intérêt de la communauté. Certaines communications ont porté spécifiquement sur ces questions méthodologiques.

Notre contribution lors de ce congrès visait justement à questionner les éléments de la TACD comme cadre d’analyse de la co-construction des savoirs dans une recherche collaborative en éducation. Si la TACD modélise les transactions du savoir entre élèves et enseignants, dans quelle mesure ces notions permettent-elles aussi de décrire et comprendre les savoirs en jeu dans le cadre d’une collaboration entre enseignants et chercheurs ? Bien que plusieurs contributions mobilisaient ce cadre afin de décrire les conditions de collaboration en recherche, de nombreuses limites ont tout de même été soulevées, notamment le risque de perdre l’essence des notions de la TACD en les transposants dans un contexte trop éloigné, ou encore, d’introduire une dissymétrie dans la relation enseignants-chercheurs. Cette notion de dissymétrie a d’ailleurs été abordée afin de discuter de la posture des acteurs impliqués dans la recherche. Dans une recherche collaborative, quels sont les savoirs en jeu ? Qui est garant de quel savoir ? Le chercheur doit-il adopter une posture de formateur ? Si oui, à quel(s) moment(s) ? De quels savoirs les enseignants sont-ils garants ? En quoi leurs postures différent-elles de ceux des chercheurs ? Comment s’articulent ces différentes postures au sein d’une recherche collaborative en éducation ? … Ce sont précisément les questionnements soulevés dans le cadre d’un travail de doctorat mené au LIP !

-> Lien vers les actes du congrès à venir (fin août 2019)

  • Sanchez, E., & Monod-Ansaldi, R. (2015). Recherche collaborative orientée par la conception. Un paradigme méthodologique pour prendre en compte la complexité des situations d’enseignement-apprentissage. Education et didactique, 9(2), 73‑94.
  • Sensevy, G. (2011). Le sens du savoir. Eléments pour une théorie de l’action conjointe en didactique. Bruxelles, Belgique: De Boeck.